Samedi 25 novembre 2023 : l’AOC enfin en côtes Roannaises !

Après de nombreuses années de négociation au sein du bureau, l’année 2023 aura finalement été celle du lâcher-prise… Bertrand, le local de l’étape, aura eu beaucoup de temps pour nous préparer cette sortie en Côtes Roannaises et c’est toujours avec plaisir que nous nous retrouvons à l’aube pour aller à la rencontre de nouveaux domaines.

Pour démarrer, nous atterrissons à Ambierle pour le salon « Ambierle en bio » où nous aurons l’occasion de nous concentrer sur 2 domaines en particulier : celui du Palais et celui de Reniteo. Le 1er nous permettra d’entrer doucement dans la découverte de ces vins, des surprises en termes de cépages (syrah, riesling) et des assemblages de régions (avec le Vaucluse en particulier) nous aurons étonnés. Enfin, le deuxième domaine (Reniteo) aura chatouillé les papilles de plus d’un d’entre nous ! Nous devons malheureusement faire vite pour ne pas prendre trop de retard mais nous avons du mal à quitter le stand… les cuvées s’enchainent et se complexifient au fur et à mesure de la dégustation. Nous faisons face à des vins amples, avec des matières bien structurées et de belles longueurs en général. C’est plutôt bien fait et finalement, tant pis pour le timing, il nous faut acheter quelques souvenirs… Il a quand même fallu lever l’ancre sous la pression de Bertrand et de sa montre pour se diriger vers le 1er domaine.

Dès notre arrivée au domaine des Pothiers, nous nous dirigeons vers le caveau de dégustation où quelques bouteilles nous attendent. Nous aurons l’occasion de faire un joli tour d’une grande partie de la production du domaine, des blancs aux rouges en passant par quelques bulles… Plus de 2 heures d’échanges techniques et d’anecdotes en compagnie de Romain pour nous faire découvrir ce joli domaine de 230 hectares planté sur coteaux granitiques de 600 mètres d’altitude. Nous commençons par nous familiariser avec les blancs en découvrant la cuvée Aris, 100% chardonnay vinifiée en cuve. De belles sensations en bouche, un vin droit proposant des notes de cire d’abeille, très fruité et un joli gras (restant dans la légèreté). Nous enchainons avec le fou de chêne qui propose des notes assez proches de l’Aris en ajoutant une petite touche supplémentaire d’élevage bois mais toujours dans l’élégance. Nous finirons le tour des blancs par une jolie découverte de riesling Ligérien, une belle minéralité, des notes subtiles du fameux pétrole et une tension notable en bouche qui maintient l’ensemble.

Nous poursuivons sur les rouges pour découvrir la cuvée signature du domaine : la cuvée domaine (ah ah !). Une belle mise en bouche, sur une matière bien maitrisée et de jolies notes de pivoines et d’épices. De quoi poursuivre sur les parcellaires « La Chapelle » et « l’Inégale » (euh non, ça c’est la cuvée de Séverine !!)  « L’intégrale ». Deux très belle cuvées alliant complexité et élégance, de belles notes d’élevage, encore une fois sans être dans l’excès. Nous aurons été unanimement très séduits par ces deux dernières cuvées. Romain nous propose de finir cette série par quelques bulles et nous testons donc la cuvée Eclipse sur de jolies bulles fines et toniques, des notes de pommes granny et un ensemble léger et facile. Nous nous imaginons déjà sur un dessert, tarte aux pommes par exemple…

Après cette jolie série de 8 cuvées, nous allons nous dégourdir les jambes et respirer un peu en visitant les installations. De jolies amphores nous attendent sagement plus bas et nous serons impressionnés par les volumes, les espaces et l’organisation de l’ensemble. En conclusion, nous sommes très contents d’avoir découvert ce domaine, d’avoir pu échanger de manière aussi généreuse avec Romain mais il est temps de se concentrer sur nos estomacs : direction le 1534, le bistronomique du restaurant gastro le Petit prince à Saint Alban les Eaux.

Un petit « côte du Rhône » blanc 2018 du domaine Jamet en apéro et un nuit St Georges 2019 du domaine Chauvenet nous accompagnerons tout au long du joli repas (qui emmènera certain ou certaine dans les bras de Morphée sur le canapé ! hi hi !).

Quelques heures plus tard, (quoi en retard, non presque pas !), nous arrivons à notre dernière étape du jour : le domaine Sérol. Nous sommes reçus par M Sérol Père en personne et nous profitons de ses nombreuses anecdotes et de sa vision de l’évolutions des vins depuis le siècle passé : nous ferons le tour complet de ses installations (les murs sont repoussés pour pouvoir développer et expérimenter régulièrement de nouvelles choses).

Le moment de la dégustation est enfin arrivé, nous nous installons autour de la table et le top départ est donné sur une cuvée 100% chenin vinifié en cuve béton et fûts/foudres : Champtoisé 2022. On notera une belle tension et une élégance au global. Des arômes subtils de fleurs blanches et de coing viennent nous chatouiller les narines et les papilles. Nous attaquons ensuite les rouges par la cuvée d’entrée du domaine : Eclat de granite 2022. Nous découvrons ici un vin d’assemblage de plusieurs parcelles sur lequel l’objectif est d’obtenir d’année en année l’étalon de la maison. Les spécificités de chacune des parcelles permettent, en faisant varier leurs quantités dans l’assemblage, d’obtenir un vin relativement stable, apportant la signature voulue d’épices et de fruit. La suivante est la cuvée historique Troisgros (qui aura fait l’histoire du domaine). L’ensemble est assez proche de la cuvée précédente, apportant tout de même davantage de matière et de complexité (dues à l’élevage en particulier). La suivante est issue de la première parcelle plantée par Stéphane Sérol sur le coteau granitique d’Oudan. Une belle expression des vins proposés par le domaine, de la matière, du fruit, de belles longueurs en bouche et de la complexité en général (élevage de 11 mois en cuves bois).

Nous poursuivons sur un autre parcellaire : Perdrizière. Une belle parcelle d’1.5 Ha et là encore, de jolies sensations en bouche. Nous finirons enfin notre tour des rouges par le cœur de parcelle Perdrizière, dite « chez Coste ». La particularité de cette cuvée réside entre autres dans son pressurage lent et son élevage en amphore. Une cuvée sans souffre ajouté.

Parce que toute bonne chose à une fin, nous clôturons notre découverte de ce domaine par les bulles « Espiègle » et « turbulent » : des fermentations alcooliques basses températures, une pétillance légère et éphémère, des notes très fruitées, bref, ça sent la fin !

Juste le temps de mettre tous nos souvenirs en ordre dans le coffre des voitures (eh oui, l’œnophile est matérialiste !), nous reprenons le chemin de la maison, fatigués mais content d’avoir pu contrer nos idées reçues sur cette appellation.

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