Pour ceux qui n’ont pas pu aller au marché des vins d’Ampuis : les côtes-rôties et Condrieu retenus par Idealwine

ampuisLe traditionnel marché d’Ampuis a tenu sa 90e édition du 19 au 22 janvier. Et bien entendu, iDealwine était de la partie, afin de goûter aux derniers millésimes (généralement 2015 et 2016) de côte-rôtie, condrieu, mais aussi quelques saint-joseph, cornas, hermitages, saint-péray et crozes-hermitages. On vous raconte tout ici, comme si vous y étiez ! 

La grande majorité des vins dégustés étaient proposés sur les millésimes 2015 et 2016, soit deux superbes années ! Le 2015 est apparu plus solaire, plus dense et plus puissant que le 2016, d’avantage axé sur la fraîcheur pour les rouges. Dans les deux millésimes nous avons été impressionnés par la finesse des matières et la qualité des tanins par leur élégance et leur soyeux. En blanc, la qualité était au rendez-vous, surtout sur le millésime 2016 qui présentait un très bon équilibre onctuosité-fraîcheur. Vous l’aurez donc compris, même si les vins dégustés nécessitent plusieurs années de garde, la dégustation, même très jeune, était déjà fort plaisante !

·         Domaine Stéphane Ogier

Stéphane Ogier exploite un domaine de 18 hectares répartis entre la Côte-Rôtie, Condrieu et Saint-Joseph. Il produit des vins typiques, recherchant une certaine puissance et de longs élevages.

Ici, nous avons appréciés les blancs, le saint-joseph et le condrieu 2016, aux saveurs bien fruitées et miellées et à la bouche opulente, mais demeurant équilibrés. Côté rouge, nous retenons la côte-rôtie Réserve 2013, aux notes animales et à la bouche ample, fine et fraîche et le saint joseph Le passage : un vin très soyeux, prêt à être déguster, sur la gourmandise de la syrah.

·         Domaine de Bonserine

bonseriPropriété de la famille Guigal depuis 2006, le domaine de Bonserine possède de beaux terroirs en côte-rôtie et condrieu. Il produit des vins dans le même style que Guigal et Ogier, plutôt modernes et assez puissants.

Nous avons pu déguster une bonne partie des vins du domaine, essentiellement en 2015 pour les rouges et 2016 pour les blancs. Aux  blancs, riches, opulents et chaleureux nous avons préféré les rouges qui montraient d’avantage d’élégance et d’équilibre. Mention spéciale pour la Garde 2009, fruitée, fine et souple, sans manquer de puissance.

·         Domaine Jean-Michel Gérin

Ce célèbre domaine d’une quinzaine d’hectares s’étend sur les AOC Côte-Rôtie, Saint-Joseph et Condrieu. Il se place dans l’école des côtes-rôties puissantes.

Ici, nous avons apprécié le simple saint-joseph 2015, fruité et aux notes de sous-bois, avec en bouche, des tanins nombreux, une matière dense, structurée et une belle longueur.

·         Domaine Guigal

Nous retenons surtout le condrieu La Doriane 2016, un vin qui avait déjà été présenté – avant première !-  lors de la dégustation du Club iDéal, au Carrousel du Louvre, durant le Grand Tasting 2017. Bien que dégusté forcément trop jeune, ce nectar nous a laissé imaginer son potentiel, grâce à son nez de fleurs blanches et de fruits blancs et jaunes et ses notes grillées, sa bouche ronde, riche et grasse et sa pointe de fraîcheur. En rouge, nous avons particulièrement apprécié la côte-rôtie château d’Ampuis 2014, la côte-rôtie 2014 et bien sûr les LA-LA-LA 2013 que nous avons eu la chance de goûter ! Les trois crus parcellaires étaient époustouflants, par leur arômes de fruits très mûrs, leurs notes animales, torréfiées et épicées et leur bouche très puissante et structurée, offrant une richesse, une densité et une concentration rares et des tanins nombreux mais racés. Un grand moment de dégustation…

·         Domaine Alain Voge

Domaine certifié en biodynamie depuis 2013, le vignoble d’Alain Voge s’étend sur 13 hectares à Cornas, Saint-Joseph et Saint-Péray. Une référence de la région, produisant des vins dans un style intermédiaire, relativement puissant et boisé.

Les blancs nous ont emballés, que ce soit le Saint-Péray Harmonie 2016, le saint-péray Ongrie 2015 ou encore le saint-péray Fleur de Cursol 2015, associant énergie, tension et belle allonge. Nous avons aussi pu goûter les Bulles d’Alain 2012 : un effervescent aux saveurs de fruits blancs et d’agrumes et à la bouche équilibrée, suave et persistante. Côté rouge, nous avons aimé le cornas Les Chailles 2015, le cornas vieilles vignes 2015 et le cornas les Vieilles Fontaines 2015, des vins charpentés, denses et puissants, aux tanins nombreux mais déjà racés, ne manquant pas de fraîcheur et disposant d’une jolie matière ample. Le cornas vieilles vignes notamment, cuvée parcellaire confidentielle (que nous espérons pouvoir vous proposer très vite), a beaucoup plu à Raphaël « avec ses arômes de chocolat, son équilibre entre la puissance du millésime (vin charpenté) et la finesse en fin de bouche. Un très gros potentiel à oublier de nombreuses années en cave. »

·         Domaine du Monteillet – Montez

Grand domaine de 30 hectares répartis entre Condrieu, Saint-Joseph et Côte-Rôtie, le domaine du Monteillet est la propriété de Stéphane Montez qui produit des vins élégants et de demi-corps, veloutés.

Nous y avons goûté de nombreuses cuvées, toutes intéressantes, mais nous avons particulièrement aimé le condrieu Chanson 2015, avec ses arômes de fruits blancs et ses notes grillées, et les côtes-rôties Fortis 2015, aux saveurs de fruits noirs et à la bouche concentrée, aux tanins nombreux mais fins et surtout Bons Arrêts 2015, à la bouche très soyeuse, fine et fraîche.

·         Domaine Yves Cuilleron

Grand domaine de 90 hectares en Saint-Péray, Condrieu, Saint-Joseph, Côte Rôtie et Cornas, Yves Cuilleron complète son vignoble par une activité de négoce.

Le condrieu Les Chaillets 2016 nous a emballés avec ses arômes de fruits blancs et jaunes, de miel et sa bouche riche et gourmande, offrant une certaine fraîcheur. Tout comme le cornas Les Côtes 2015, friand, ample, légèrement boisé et doté d’une jolie matière.

 

 

·         Domaine Coursodon

Ce domaine de 16 hectares produit exclusivement du saint-joseph, dans un style axé sur la finesse et la souplesse.

Nous avons particulièrement aimé le saint-joseph blanc 2016, aux arômes de poire et de pêche bien mûre et à la bouche racée, à la fois fine et gourmande. En rouge, les cuvée Silice, Olivaie et Sensome 2016 étaient toutes très belles, se distinguant par du fruité, des notes épicées, de belles sèves, de la fraîcheur, de la structure, de la finesse et de très belles longueurs. Au top !

·         Domaine Jamet

jamet

Domaine mythique de la vallée du Rhône, il s’étend sur 18 hectares. L’une de ses particularités est d’avoir toujours vinifié en vendanges entières (100%), une pratique qu’ils maîtrisent totalement, tout comme les élevages, particulièrement fins et précis et les extractions très justes. Loïc, le fils, s’est associé avec ses parents en 2015, une association réussie parce qu’il partage totalement la vision de ses parents et peut produire les vins qu’il aime.

Nous avons eu la chance de déguster le côtes-du-Rhône blanc 2016, la côte-rôtie Fructus Voluptas 2016 et la principale cuvée du domaine, la côte-rôtie générique 2015. Le blanc se montrait bien ample, riche et pur ; la cuvée Fructus Voluptas livrait des arômes de fruits noirs et des notes poivrées et en bouche, une matière équilibrée et ample ; enfin, la côte-rôtie se distinguait par ses notes épicées et sa bouche à la fois fine et puissante, déjà bien élégante.

·         Domaine Du Tunnel

Dirigé par Stéphane Robert – qui était présent au salon -, le domaine du Tunnel compte depuis quelques années déjà, parmi nos coups de cœur. Il s’étend sur 11 hectares de Cornas, Saint Péray, Saint Joseph et désormais aussi Condrieu. Un domaine qui se situe plus dans la nouvelle vague de vignerons vinifiant sur la finesse, avec des extractions très douces et des élevages très justes.

Nous avons adoré le saint-joseph, le cornas et le cornas vin noir, tous sur le millésime 2016, ils nous ont séduit par leur finesse, leur fraîcheur. Le cornas Vin Noir, issu de vieilles vignes presque centenaires nous a marqué par sa combinaison parfaite de la puissance et la finesse, offrant déjà une matière veloutée.

·         Domaine Gangloff

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Nous avons vraiment adoré les quatre vins dégustés : le saint-joseph blanc 2016, le condrieu 2016 et les côtes-rôties La Barbarine 2015 et La Sereine Noire 2015. Les blancs était bien aromatique, le 1er, aux parfums de fruits blancs et jaunes et de mirabelle, de miel, avec une bouche ronde, ample et riche tout en demeurant très bien équilibrée ; le second, offrait des arômes de pomme, de pêche, et de miel, ainsi que de légères notes grillées, la bouche montrait beaucoup de puissance et une belle longueur. La Barbarine était sublime avec ses arômes de fruits rouges et noirs et ses notes réglissées, sa très belle matière, élégante. La Sereine Noire offrait quant à elle des parfums de fruits noirs, notamment cassis et une bouche d’une grande profondeur, ample, puissante et conservant une certaine fraîcheur.

·         Domaine Jean-Michel Stéphan

Gros, gros coup de cœur pour ce domaine de 4 hectares en côte-rôtie, en bio depuis 1995 et nature depuis 1997 et qui travaille même en s’inspirant grandement de la biodynamie depuis 3-4 ans ! Un domaine 100% nature donc, travaillant évidemment avec les levures indigènes, aucun produit de synthèse utilisé…

C’est le fils de Jean-Michel Stéphan, qui a rejoint le domaine qui nous a fait déguster les vins. Un jeune homme passionné et passionnant, avec lequel nous avons pris le plus grand plaisir à discuter des vins natures, du bio et de la biodynamie ou encore de l’intérêt de cultiver la serine. Nous avons été totalement emballés par les deux cuvées présentées : la côte-rôtie Nature 2016 et la côte-rôtie Coteau de Tupin 2015. Cette dernière est une cuvée 100% serine (variété ancienne et autochtone de syrah, aux rendements beaucoup plus faibles) exprimant des arômes de petits fruits rouges et noirs et livrant une bouche fine et soyeuse, droite, fraîche et de belle longueur. Le style de ce domaine se démarquait totalement des autres domaines dégustés, avec une finesse, une fraîcheur et un fruité éblouissants ! Un nom qu’on n’est pas prêt d’oublier…

Retrouvez le topo complet sur :

http://www.idealwine.net/degustation-les-cotes-roties-et-condrieu-du-marche-dampuis-2018-partie-1/

http://www.idealwine.net/degustation-les-cotes-roties-et-condrieu-du-marche-dampuis-2018-partie-2/

 

 

Le millésime 2016 dans les vignobles français (partie 2)

Suite de nos analyses sur le millésime 2016, avec ici les vignobles du Sud de la France. On vous dit tout sur sur ce grand millésime à Bordeaux, dans le Rhône, le Languedoc, le Roussillon, La Provence et la Corse. Et on vous livre même nos notes du millésime.

Nous avons déjà vu la semaine dernière les caractéristiques du millésime 2016 dans les vignobles du Nord de la France et nous poursuivons ces analyses avec désormais le Sud.

2016 2

BORDEAUX

ROUGES RIVE GAUCHE : 19/20

ROUGES RIVE DROITE : 17/20

BLANCS SECS : 16/20

BLANCS LIQUOREUX : 16/20

Le couple 2015/2016 fait finalement penser, dans son style, au couple 2009/2010.

L’ensemble des appellations de la rive gauche (Médoc et Graves) est donc au sommet, les grandes étiquettes comme les plus modestes, en particulier les plus jolis crus bourgeois qui seront une priorité d’achat pour les amateurs avertis. Les merlots de la rive droite sont très beaux également, mais un peu plus riches et généreux en alcool, d’un équilibre un peu moins tendu que sur l’autre rive. Il y aura de belles affaires dans les vins de Côte et le Fronsadais. Et l’acheteur “pointu” a tout intérêt également à se pencher sur les “génériques”, Bordeaux et Bordeaux Supérieur où il pourra dénicher de superbes vins “pour tous les jours”.

Les blancs secs sont également très réussis dans l’ensemble, avec une belle richesse et des arômes très mûrs parfois même un peu exotiques.

À Sauternes, le millésime 2016 n’engendrera pas des cuvées légendaires de puissance et de botrytis. Mais on trouvera de nombreux vins très plaisants, plus délicats, qui seront très certainement délicieux à boire assez jeunes sur leur fruit.

LANGUEDOC

ROUGES : 16/20

BLANCS : 14/20

Schématiquement on peut dire qu’en 2016 il faudra privilégier les appellations les plus éloignées de la mer comme Pic Saint-Loup ou les Terrasses du Larzac qui ont parfois même produit des cuvées d’un meilleur niveau qu’en 2015. Privilégier également les cuvées de vieilles vignes de Carignan (ou les assemblages dans lesquels ce cépage est dominant, car il reste toujours assez frais, même dans les années sèches). Ailleurs il faudra prêter attention aux vins qui seront certes denses en matière, mais avec des tannins pas complètement mûrs (stress hydrique) et avec un côté sévère et sans charme. Dans les vignobles plus en altitude on pourra trouver des vins plus frais et à la maturité des raisins plus accomplie. Comme toujours dans ces millésimes un peu difficiles à piloter, ce sont les vignerons à la réputation qualitative établie depuis longtemps qui s’en sortent le mieux.

ROUSSILLON

ROUGES : 15/20

BLANCS : 16/20

Comme pour son voisin le Languedoc, l’année 2016 a été marquée ici par une très grosse sécheresse, ce qui a eu plusieurs conséquences : une inévitable baisse des rendements, des maturités pas toujours accomplies (bloquées par le stress hydrique), une concentration trop importante des jus (des petites baies avec des peaux épaisses) ce qui a souvent donné des vins manquant de fraîcheur et de buvabilité. Curieusement dans ces conditions particulières, les blancs semblent plus prometteurs avec des vins certes très denses et puissants, mais avec de belles matières nourries qui laissent espérer un affinement avec quelques années de garde. Et dans une année aussi difficile, il faut plus que jamais privilégier les vignerons les plus pointus car leur expérience et leur savoir-faire leur permet de mieux contourner les obstacles du millésime.

PROVENCE/CORSE

ROUGES : 16/20

BLANCS : 15/20

Ce qui caractérise l’année climatique en Provence, c’est avant tout une très grande sécheresse. Bien entendu cette région n’est pas réputée pour son humidité, mais on atteint en 2016 des records de manque d’eau. Des conditions qui pénalisent particulièrement les vins blancs (très marginaux ici) mais aussi les rosés, souvent issus de vignes plutôt jeunes dont les racines ne plongent pas très loin dans le sol. et Ils ont donc énormément souffert en 2016 de la sécheresse qui a provoqué un important stress hydrique et bloqué les maturités.

Pour les rouges, et en particulier à Bandol (le seul secteur provençal à produire une importante proportion de vins rouges), le mourvèdre et le grenache (souvent de vieilles vignes) résistent mieux à ces conditions. Les bandols rouges seront assez frais avec une certaine acidité, mais avec une belle concentration quand même, et de la droiture. Sans doute légèrement de moins longue garde que d’habitude.

Dans son ensemble, le vignoble corse a été bien moins marqué par les excès climatiques qui ont sévi sur le continent. L’ensemble des vins, tant en rouge, rosé et blanc sont d’un bon niveau et assez homogène sur l’ensemble des appellations. Ils sont en général sur un équilibre un peu plus frais et délicat que 2015, surtout les rouges, faciles à aborder dans leur jeunesse.

VALLÉE DU RHÔNE NORD

ROUGES : 17/20

BLANCS : 18/20

La vallée du Rhône dans son ensemble a produit un très beau millésime, légèrement inférieur en intensité dans les rouges que 2015 (avec plus de fraîcheur), mais d’un niveau sensiblement supérieur dans la plupart des blancs, surtout à Saint-Joseph et Saint-Peray. En rouge, la réussite est moins générale et homogène qu’en 2015, mais on trouvera des vins fins et élégants sur les plus beaux terroirs de Côte -Rôtie, des rouges concentrés sur Hermitage, des vins d’un très bel équilibre entre maturité et fraîcheur à Saint-Joseph et des cuvées plus délicates que d’habitude à Cornas. Crozes-Hermitage est, comme souvent, plus hétérogène. Plus que jamais, il faudra s’approvisionner ici chez les vignerons les plus renommés.

VALLÉE DU RHÔNE SUD

ROUGES : 18/20

BLANCS : 16/20

Après un très grand 2015, le sud de la vallée du Rhône tient un autre très beau millésime avec 2016, dans un style assez différent, moins solaire, mais avec une élégance et une maturité délicate des tannins assez remarquable. Un peu comme sur la rive gauche bordelaise, de nombreux acteurs de la filière vin ne sont pas loin de conclure que 2016 est même un cran supérieur dans le sud du Rhône au déjà très grand 2015. En particulier à Châteauneuf-du-Pape, les rouges ont un supplément de finesse et de fraîcheur bienvenu et même souvent des maturités de raisins plus accomplies, plus en profondeur. Un équilibre magique qui augure également d’une longue garde. Les autres appellations de vins rouges ne sont pas en reste, en particulier Gigondas qui demeure dans son ensemble la plus belle appellation hors Châteauneuf. De jolis vins rouges aussi en Ventoux, à Vacqueyras, à Cairanne et particulièrement cette année à Beaumes-de-Venise.

Les blancs, dans cette région, sont un peu plus secondaires, sauf à Châteauneuf-du-Pape où ils sont très réussis cette année avec de belles maturités et des styles et/ou des cépages assez différents, ce qui donne une belle personnalité à ces blancs qui peinent parfois à se faire remarquer à l’ombre des rouges locaux plus médiatisés.

Pour en savoir plus : http://www.idealwine.net/le-millesime-2016-dans-les-vignobles-francais-partie-2/

 

 

Le millésime 2016 dans les vignobles français (partie 1)

Il est là ! Le fameux millésime 2016 que les amateurs attendaient, et que l’on commence à voir arriver sur le marché. Dans la continuité du superbe 2015, voici encore une très belle année pour la vigne, du moins quand elle n’a pas eu à subir les caprices de la nature. Région par région, faisons le point sur les caractéristiques du millésime.

2016

 

En première partie de notre analyse, nous vous présentons les caractéristiques du millésime 2016 dans les vignoble du Nord de la France en Alsace, Jura et Savoie, En Bourgogne, dans le Beaujolais, en Champagne et enfin dans la vallée de la Loire.

ALSACE

BLANCS SECS : 16/20

BLANCS MOELLEUX : 14/20

ROUGES : 15/20

Sur l’ensemble du vignoble alsacien, le cépage le mieux réussi est incontestablement le pinot gris qui a donné des vins riches avec de belles matières denses équilibrées par une jolie acidité mûre. Les autres pinots (noir ou blanc), un cran en-dessous du gris, se présentent néanmoins à un bon niveau, tout comme les vins issus du sylvaner.

Les cuvées de gewurtztraminer sont peut-être un peu plus banales et manquent souvent un peu d’acidité. Les muscats sont également à un assez bon niveau, avec un fruit croquant, mais manquent parfois de densité.

Une fois n’est pas coutume, c’est le riesling qui a le plus souffert de blocages de maturité. De nombreux vins manquent de matière et de densité. Les domaines en bio ou en biodynamie les plus réputés s’en sortent tout de même nettement mieux que les autres.

JURA/SAVOIE

ROUGES : 16/20

BLANCS : 17/20

Globalement, les vins sont assez hétérogènes, les meilleurs terroirs s’en sortant nettement mieux comme toujours dans des conditions difficiles. Les mondeuses d’Arbin, et peut-être surtout de Saint-Jean-de-Laporte, atteignent un bel équilibre entre maturité et tension. La Roussette de Savoie (cépage altesse) est en général moins ample que d’habitude (comme les vins de Chignin-Bergeron) et les plus belles cuvées de jacquère peuvent être splendides dans un style à la fois frais et mûr, en particulier sur ses terroirs de prédilection (Chignin, Apremont et Abymes) mais aussi sur d’autres secteurs comme, encore une fois, Saint-Jean-de-Laporte.

BOURGOGNE

ROUGES : 17/20

BLANCS : 15/20

2016, qui a donné des frissons à bien des vignerons, a accouché d’un beau millésime (surtout en rouge), mais les vins seront rares…

En rouge, la Côte de Nuits a produit une très belle année avec peut-être un niveau un peu supérieur dans les appellations les plus au sud comme Nuits-Saint-Georges et Vosne-Romanée. Sur la Côte de Beaune on trouve également de très jolis vins, plus délicats que les riches 2015, à ouvrir sans doute un peu avant ces derniers, mais avec un très joli fruit et une tension légèrement croquante. Les cortons seront sans doute d’une belle facture.

En blanc, à Chablis les vins seront rares (gelées), mais le bel été prolongé a permis de récolter des raisins d’une belle maturité. Les grands crus, moins touchés par le gel, sont d’un très bon niveau. Les blancs de la Côte de Beaune s’en sortent un peu moins bien, essentiellement parce que les vignes de ce secteur ont sans doute particulièrement souffert de la sécheresse. C’est sans doute un peu plus marqué à Meursault qu’à Puligny ou Chassagne. Bien entendu quelques producteurs de haut niveau ont réussi un beau millésime malgré les difficultés, mais il faudra être plus prudent chez les autres. Le Mâconnais est sans doute l’appellation “blanche” qui a produit les meilleurs vins dans ce millésime compliqué, en particulier sur Pouilly-Fuissé.

BEAUJOLAIS

ROUGES : 15/20

Morgon, le cru sans doute le plus qualitatif aujourd’hui, à la fois par les qualités de ses terroirs et surtout par le nombre important de vignerons au sommet de leur art, a produit de très jolis 2016, plus délicats et plus “classiques” que les très riches 2015, et ils vieilliront certainement avec beaucoup de grâce.

Brouilly et surtout Côte de Brouilly sont également deux appellations qui se situent au sommet du Beaujolais en 2016, grâce en particulier à leur côté assez solaire qui a permis une belle maturité homogène, mais toujours dans un style plus élégant que 2015, et ces appellations proposent la plupart du temps des vins avec un fruité éclatant.

Dans les autres appellations il faudra sans doute être plus prudent et goûter avant d’acheter tant les vins sont hétérogènes et parfois, en plus, rares (Chiroubles, Reigné, Fleurie en particulier) tant la grêle a fait de dégâts sur ces appellations.

CHAMPAGNE

BLANCS DE NOIRS : 16/20

BLANCS DE BLANCS : 15/20

Gel, grêle, pluie, maladies : la Champagne n’a pas été épargnée par les difficultés en 2016 ! Si le mois de septembre n’avait pas été aussi beau, on aurait pu frôler une petite catastrophe. Les premières dégustations semblent montrer que les pinots meuniers de la vallée de la Marne seront d’un très bon niveau en 2016, tout comme les pinots noirs de la Montagne de Reims. Les deux seront plus en délicatesse qu’en puissance, semble-t-il. Les chardonnays s’en sont moins bien sortis. Récoltés après les pinots noirs et meuniers (ce qui est exceptionnel) ils offrent pourtant assez souvent des niveaux de maturité un peu justes. Mais il faudra goûter tous ces vins une fois commercialisés avec leurs bulles. Un long élevage sur lattes peut en effet faire considérablement évoluer ces futurs champagnes.

VALLÉE DE LA LOIRE

ROUGES : 16/20

BLANCS : 17/20

BLANCS MOELLEUX : 16/20

Les appellations qui sortent du lot sont chez les meilleurs vignerons, en rouge, Chinon avec des cuvées alliant fraîcheur et gourmandise, Bourgueil avec des vins fruités et croquants, Saumur-Champigny et Anjou avec des rouges très frais mais bien mûrs. En blanc, le Muscadet, une appellation en très forte progression depuis plusieurs années, propose peu de vins en quantité, mais à un très beau niveau qualitatif, et Sancerre, peu touché par le gel, qui a produit de très jolis vins, au fruité intense et frais et avec beaucoup de dynamisme. En moelleux, une toute petite production, mais quelques très belles réussites à Vouvray, Montlouis ayant été décimé par le gel.

 

Pour en savoir plus : http://www.idealwine.net/le-millesime-2016-dans-les-vignobles-francais-partie-1/

 

 

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