La fabuleuse histoire du Tokay Pinot Gris Alsacien

tokay1Tokay : C’est le nom donné à un cépage et à un vin en Alsace entre le 16e et le début du 21e siècle. Une légende prétend que vers 1565 des plants de vigne auraient été rapportés de Hongrie par le Général Lazare de Schwendi. Ce dernier aurait ordonné de multiplier ces plants à Kientzheim en souvenir de la bataille de Tokaj, peut-être dans l’espoir de produire l’équivalent du tokaji hongrois. […]

En 1575, Première mention du cépage Pinot Gris

En 1575, le Magistrat de Riquewihr publie dans son « Ordonnance sur la viticulture » la liste des cépages autorisés : « Avec l’autorisation de la Régence Princière de Wurtemberg, nous avons décrété que sous peine d’amendes prévues personne, ni bourgeois, ni étranger n’ait l’audace de planter dans la banlieue de Riquewihr d’autres cépages que ceux mentionnés ci-après : Gentil blanc, Gentil rouge, Muscat blanc et rouge, Pinot blanc, rouge et gris, Lampersch ou Lombard. Les autres cépages quels que soient leur nom sont formellement interdits ». Il s’agit là de la première mention du cépage Pinot Gris, considéré comme un cépage noble et cultivé en Alsace vraisemblablement depuis le XIIIe siècle. […]

Vers 1640, apparition du nom Tokay  

Après la Guerre de Trente ans, l’Alsace est progressivement rattachée au Royaume de France. Le marché du vin se modifie et pour contenter une nouvelle clientèle française, de nouveaux cépages sont introduits. Dans les livres de comptes de la seigneurie de Ribeauvillé, on trouve ainsi au début des années 1640 mention des cépages suivants :  » Muscadeller ; Traminer ; Riesling ; Gutedel ; Tokay »C’est la première mention du cépage appelé « Tokay » que l’on retrouve à nouveau cité en 1644, à Riquewihr. […]

Pourquoi le terme Tokay l’emporte-t-il ?

tokay2Que s’est-il donc passé à partir de 1640 ? Pourquoi, le terme Tokay-Tokayer est-il apparu ? Est-ce la notoriété de Schwendi qui reste forte ? Il est permis d’en douter, car après tant de guerres et de malheurs, le souvenir de Schwendi s’est quelque peu estompé. S’agit-il d’une confusion suite à l’introduction effective d’un nouveau cépage venu de Hongrie, le Moine Gris (Pinot Gris) appelé Tokayer ? Ou ne prend on pas tout doucement l’habitude d’appeler le Pinot Gris d’un nouveau nom Tokayer pour profiter de la renommée du mythique tokaji hongrois ?

Le tokaji étant devenu au 16e siècle un des vins liquoreux les plus prestigieux au monde, grâce à d’exceptionnelles conditions naturelles et à de nouvelles méthodes de vinification. L’image de marque des vins de Tokaj repose également sur l’imaginaire et les représentations, qui en font le vin de l’élite. « Le tokaj donne de la vigueur à la moindre fibre de mon cerveau et ranime, au plus profond de mon âme, les étincelles enchanteresses de l’esprit et de la bonne humeur » écrivait Voltaire. […]

L’usage du nom Tokay s’amplifie encore au 19e siècle avec l’affirmation du mouvement romantique qui met à la mode les paysages et en particulier les ruines des châteaux forts, si nombreux en Alsace. Les élites colmariennes vont remettre à l’honneur Lazare de Schwendi, héros oublié du XVIe siècle. Ce dernier incarnant l’idéal chevaleresque, humaniste et hédoniste dont ils se revendiquent. […]

1918 Le grand retour du « Tokay d’Alsace »

tokay3A la fin de la Première Guerre mondiale, l’Alsace redevient française et la mention de « Tokay d’Alsace » fait son apparition. En effet, suite à la signature le 4 Juin 1920 du « Traité de Trianon », portant traité de paix entre la France et la Hongrie, l’article 210 engageait la France à renoncer à l’utilisation de dénominations déjà protégées par une appellation régionale et imposait à la Hongrie de s’abstenir de toute usurpation similaire qui visait notamment le Champagne et le Cognac. Le 21 Décembre 1926, un accord commercial conclu entre les Etats Français et Hongrois portait interdiction de l’utilisation de la dénomination Tokay dans la distribution des vins d’Alsace. Cet accord n’a cependant pas été appliqué. […]

Du Tokay d’Alsace au Tokay Pinot Gris puis au Pinot Gris

La question de l’usage abusif du nom Tokay par les vignerons alsaciens est finalement tranchée par la commission de Bruxelles le 8 août 1980 qui supprime purement et simplement la dénomination « Tokay d’Alsace ». Pour nuancer ce règlement radical et suite à de nombreuses protestations, le règlement du 10 août 1984 admet la dénomination « Tokay Pinot Gris » pour les vins produit en Alsace. Cependant en 1993, un accord entre l’Union Européenne et la Hongrie organise l’interdiction de toute référence au Tokay s’agissant de vins qui n’en sont pas originaires. Il est alors acté qu’à partir du 1er janvier 1994, le terme de « Tokay d’Alsace » sera interdit et remplacé par « Tokay Pinot Gris » pendant un délai d’adaptation de treize ans jusqu’au 1er janvier 2007, puis par « Pinot Gris ». […]

Pour mieux comprendre l’issue juridique de cette querelle, il faut savoir que la notoriété des vins de tokaij avait totalement décliné à l’époque des démocraties populaires. Cependant à partir des années 1980, suite aux investissements de grands groupes à capitaux étrangers, notamment des compagnies d’assurances françaises, le vignoble de Tokaj retrouve sa place parmi les meilleurs vins liquoreux du monde.

Tous ces éléments expliquent le classement du vignoble de Tokaj au patrimoine mondial de l’Unesco en 2002 et la résolution favorable du contentieux en faveur du tokaij hongrois. […]

Article complet :

https://www.cheminsbioenalsace.fr/la-fabuleuse-histoire-du-tokay-pinot-gris-alsacien/

 

Mathusalems, nabuchodonosors… mais d’où nous viennent ces noms ?

Les amateurs les plus passionnés adorent proposer leurs vins favoris dans de grands formats qui mettent en valeur les nectars servis. Si tout le monde connaît le magnum, les autres « grandes » bouteilles portent parfois des noms un peu compliqués. […]

Mathusalems

A chaque contenant son origine

Magnum contenant 1,5 litre ou 2 bouteilles de 75 cl. Il tire son origine du mot latin magnum qui signifie « grand ». Il serait connu depuis la fin du XVIIIe.

Jéroboam contenant 3 litres ou 4 bouteilles de 75 cl. Il se nomme double magnum dans le Bordelais. Plus rarement, on rencontre à Bordeaux des Jéroboam de 5 litres (6,66 bouteilles de 75 cl). Selon l’histoire biblique, Jéroboam Ier (931 – 909 av. J.-C.) fut le premier roi de la partie Nord d’Israël. Il reçut la couronne des mains des dix tribus qui s’étaient soulevées contre Réhoboam, fils de Salomon. Jéroboam II (743 – 746 av. J.-C.), fils de Joas, fut aussi roi et étendit son pouvoir sur toutes les provinces perdues, à l’exception du royaume de Judas.

Réhoboam contenant 4,5 litres ou 6 bouteilles de 75 cl. Fils du roi Salomon, son gouvernement tyrannique lui attira les foudres de dix des douze tribus d’Israël qui lui préférèrent Jéroboam. Lui-même conserva les territoires de Benjamin et de Judas.

Mathusalem contenant 6 litres ou 8 bouteilles de 75 cl. Il prend parfois le titre d’Impériale dans la région de Bordeaux. Le nom du patriarche -la personne la plus âgée mentionnée dans l’Ancien Testament- est devenu synonyme de longévité. Selon la Genèse, ce fils d’Enoch aurait vécu 969 ans et aurait péri lors du Déluge.

Salmanazar contenant 9 litres ou 12 bouteilles de 75 cl. Ce patronyme a été porté par cinq rois assyriens. Salmanazar Ier dirigea l’Assyrie entre 1275 et 1245 avant notre ère. Salmanazar III était le fils d’Assourbanipal et fut un grand conquérant. Salmanazar V régna de 727 à 722 av. J.-C. et envahit la Palestine. Il y battit le souverain d’Israël, Osée, puis assiégea Tyr et la Samarie jusqu’à sa mort.

Balthazar contenant 12 litres ou 16 bouteilles de 75 cl. Balthazar faisait partie des trois rois mages qui vinrent rendre hommage à Jésus enfant. Dans l’iconographie traditionnelle, il représente l’Afrique. Un deuxième Balthazar biblique existe et pourrait avoir donné son nom au flacon. Il s’agit du dernier roi de Babylone, tué lors de la prise de la ville par Cyrus en 539 av. J.-C.

Nabuchodonosor contenant 15 litres soit 20 bouteilles de 75 cl. Il fut le plus grand roi de Babylone et gouverna entre 605 et 562 av. J.-C… Après avoir battu les Égyptiens, il conquit Jérusalem plusieurs fois et emmena les Hébreux en captivité à Babylone, dont il fit une cité magnifique.

Au-delà de ces bouteilles traditionnelles, quelques négociants utilisent des contenants encore plus grands.

Salomon contenant 18 litres ou 24 bouteilles de 75 cl. Il est appelé parfois Melchior, du nom du roi mage censé venir d’Europe. Le Salomon de l’Ancien Testament fut roi d’Israël entre 970 et 931 av. J.-C. Doté de nombreux dons, comme la sagesse ou la connaissance des langues, il a fait l’objet de plusieurs livres de la Bible. Sa richesse, son harem et sa liaison avec la reine de Saba ont également atteint des dimensions légendaires.

Souverain contenant 26,25 litres soit 35 bouteilles de 75 cl. Le souverain a été conçu par Taittinger pour le baptême du plus grand paquebot au monde « Sovereign of the sea » le 16 janvier 1988.

Primat contenant 27 litres, soit 36 bouteilles de 75 cl. Ce nom vient du bas latin et signifie « de premier ordre ». Historiquement, nom donné à quelques archevêques qui, par d’anciens droits, ont une sorte de supériorité sur tous les évêques et archevêques d’une région.

Il aurait été utilisé pour la première fois en 1999 pour ce qui était alors la plus grosse bouteille jamais produite.

Melchizédec contenant 30 litres, soit 40 bouteilles de 75 cl, utilisée depuis 2002. Cette vasque géante porte le nom d’un personnage énigmatique de l’Histoire Sainte. Melchisédech a béni Abraham et possède un caractère messianique similaire à celui du Christ.

Ces deux derniers contenants sont propres à la maison de Champagne Drappier.

Pour accéder à l’article complet :

https://www.idealwine.net/mathusalem-nabuchodonosors-mais-dou-nous-viennent-ces-noms-contenance-formats-vins/

Mardi 11 décembre 2018 : séance de dégustation dédiée aux vins du Piémont.

Pour sa 2eme séance de dégustation de la saison 2018/2019, l’AOC a fait voyager ses adhérents dans le Piémont Italien. L’objectif affiché était de découvrir ou redécouvrir les vins magiques de cette région.

carte_20piemont0Après un bref rappel sur l’héritage historique du pays, les particularités du terroir et les cépages traditionnellement utilisés, chacun était prêt à se lancer dans cette belle dégustation.

Nebbiolo, Barbera ou Dolcetto ? A vous de choisir !!…

7 vins ont pu être dégustés au total et ont alimentés à notre habitude nos échanges d’impressions et nos coups de cœur.

Un Dolcetto d’Alba 2016 de chez Guido Porro nous a permis d’ouvrir la séance et de calibrer nos palais. Une belle surprise pour ce vin plutôt destiné à des repas faciles ou des apéros sur le pouce. Chacun a pu découvrir toute la richesse des arômes et les jeux de robe (couleur) dès ce premier verre.

bouteillesNous avons enchaîné avec un Nebbiolo 2015 du domaine Stra qui aura servi de porte d’entrée à la ligne droite des Nebbiolo à suivre des appellations DOCG Barbaresco et Barolo. Ce deuxième vin n’aura pas fait l’unanimité, la matière encore jeune de celui-ci (propre au cépage) aura surpris à coup sûr.

Nous poursuivons par la dégustation de 2 millésimes consécutifs (2013 et 2014) du Barbaresco de la coopérative « produttori del barbaresco ». L’ensemble du groupe a pu constater un réel effet millésime sur ce vin et préférer le 2014 pour la complexité de ses arômes et sa longueur.

salle1

Nous terminons cette dégustation sur l’appellation Barolo en goutant les millésimes 2012 et 2013 des domaines Stra et Porro. Les échanges sont nourris et les commentaires se rejoignent pour placer en tête les deux bouteilles du Domaine Stra. Le 2012 en particulier enchantera par son nez de compoté, de cuir et de rose (avec de très belles longueur en prime).

Le classement des vins dégustés :

1 Barolo 2012 du domaine Stra avec 15.7

2 Barolo 2013 du domaine Stra avec 15.4

3 Barbaresco 2014 de la coopérative « produttori del barbaresco » avec 13.6

4 Dolcetto d’Alba 2016 du domaine Guido Poro avec 12.9

5 Nebbiolo 2015 du domaine Stra avec 12.9

6 Barolo 2013 du domaine Guido Poro avec 12.5

7 Barbaresco 2013 de la coopérative « produttori del barbaresco » avec 11.7

Chacun repart (et oui déjà, 7 bouteilles, ça passe vite !!) en gardant en tête (et en bouche) des souvenirs gustatifs qu’il sera possible de raviver dès notre prochaine sortie prévue dans le Piémont les 6 & 7 avril prochain.

Merci à tous pour ce joli moment de découverte et de partage.

documentation de la séance : lien

Pourquoi trouve-t-on un vin bon ou mauvais ?

S&V

Déguster est assurément une expérience mentale. Car l’odeur est une construction du cerveau : c’est lui qui traite les informations sensorielles envoyées par tous les sens mobilisés (vue, odorat, goût…).

Bleu, rouge, jaune… globalement, tout le monde voit les mêmes couleurs. Rien de tel avec le vin! Avec lui, tous les goûts sont vraiment dans la nature, c’est chacun le sien. Et cela concerne aussi les professionnels! En 1998, dans le cadre d’un test, on avait demandé à des sommeliers réputés de classer dix-huit vins dont ils ignoraient l’origine. Verdict : on obtenait presque autant de classements que de sommeliers. Plus éloquent : un vin classé au top par l’un pouvait être bon dernier chez un autre.

Pourtant, le cru qui remplit deux verres est composé des mêmes molécules. Et le circuit perceptif est le même pour tous. Lorsque nous sentons ou goûtons un vin, ses molécules se fixent sur les récepteurs qui tapissant nos muqueuses, ce qui déclenche un signal électrique, lequel est ensuite transmis au cerveau. Oui, mais vous et moi ne disposons pas des mêmes récepteurs! […]

C’est-à-dire qu’il n’existe pas deux personnes identiques sur le plan de l’olfaction.

Conséquence : certains ne discernent pas la violette dans le vin, quand d’autres ont la chance de ne pas déceler le goût de bouchon. Et cela vaut aussi pour les experts, qui ne sont pas forcément mieux équipés biologiquement. En revanche, ils ont éduqué leur nez afin d’affiner leur seuil de détection. […]

Mais la biologie ne fait pas toute la différence des goûts. Il faut en effet savoir que lorsque le signal sensoriel est transmis au cerveau, il est remodelé à l’aune des informations qui proviennent non seulement des autres sens (vue, ouïe, toucher), mais également du contexte (l’ambiance), de notre mémoire, de notre humeur du moment, de notre fatigue, etc.

En bref, l’odeur n’existe pas en tant que telle car elle est une création du cerveau. Ce dont ont apporté la preuve les chercheurs en neurosciences Frédéric Brochet et Gil Morrot. Ainsi, leur analyse des commentaires de dégustation de professionnels a révélé que ceux-ci décrivent un vin en fonction de sa couleur. En général, un vin rouge délivre des arômes de cassis ou de framboise, quand le miel ou la noisette sont associés à un blanc. Un biais visuel qui a donné aux deux scientifiques l’idée d’un test : ils ont demandé à 57 étudiants en œnologie de décrire un vin blanc et un vin rouge à partir d’une liste de mots. Sans surprise, les mots utilisés se rapportaient presque tous à des objets ayant la couleur du vin. Sauf que le rouge était en fait le vin blanc, mais coloré avec des anthocyanes (des pigments bleus) sans saveur ni odeur. Or, à ces vins olfactivement non discernables, les étudiants avaient attribué des odeurs très différentes!

La subjectivité se révèle aussi à travers le contexte. Lors d’un autre test où il s’agissait de goûter un vin prestigieux présenté d’abord dans sa bouteille de grand cru classé, puis dans une bouteille étiquetée « vin de table », l’immense majorité des étudiants a noté plus sévèrement le supposé vin de table (moyenne de 8 sur 20) que le grand cru (moyenne de 13,2 sur 20). Le cerveau, croyant avoir affaire à un meilleur vin, en modifie donc le goût. […]

Article complet dans Science & Vie QR n°26 « Le guide du vin » :

https://www.science-et-vie.com/questions-reponses/pourquoi-trouve-t-on-un-vin-bon-ou-mauvais-45855

 

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